Liberté, Égalité… Unanimité

(Voir à la fin de ce texte pour la version française)

Da janela do meu apartamento, observo uma senhora com dificuldades motoras atravessar lentamente, pela faixa de pedestres, uma das vias do Boulevard de Clichy, em Pigalle. O sinal abre para os carros, mas ela ainda tem a metade do trajeto para percorrer até chegar à calçada. Um motoqueiro, em alta velocidade, vem de encontro à senhora, que continua, impassível, a aventura de atravessar a movimentada avenida em pequenos passos. Não contente, ele ameaça avançar o veículo contra a idosa e se mete a buzinar como se ela ainda não tivesse percebido sua bruta presença.

– Eu não consigo andar mais rápido do que isso, você não vê? – ela se explica, sem parar de caminhar.

Mas o motoqueiro insiste nos buzinaços, agora perseguindo a pobre senhora pela faixa de pedestres. Ao notar que pessoas se acumulam na calçada, e uma confusão começa a se armar em favor da idosa, ele grita qualquer grosseria e segue adiante, acelerando sua motocicleta e sumindo na avenida. Um homem que ajuda a resgatar a idosa perto da calçada responde ao apressado no mesmo nível, ao que a velhinha comenta, sorrindo:

– Voilà, isso é Paris.

Namorado, ao me ver parada em frente à janela, me pergunta o que acontece. Explico, ainda revoltada com a cena que acabo de presenciar.

– Voilà, isso é Paris – ele me responde.

Uma vergonhosa e coletiva certeza, ao que parece.

Depuis la fenêtre de mon appartement, j’observe une dame avec des difficultés motrices traverser lentement, par un passage piétons, l’une des voies du Boulevard de Clichy, à Pigalle. Le feu passe au vert pour les voitures, mais elle a encore la moitié de son trajet à parcourir jusqu’au trottoir d’en face. Un homme en moto, à grande vitesse, s’approcha d’elle, suivant impassible, l’incroyable traversée de ce mouvementé boulevard à petit pas. Pas content, l’homme menace d’avancer son véhicule vers la dame et commence a klaxonner comme si elle n’avait pas perçue sa présence brutale.

– Je ne peux pas marcher plus vite, vous ne voyez pas ? – elle s’explique, sans s’arrêter de marcher.

L’homme en moto continue de klaxonner avec insistance, maintenant en persécutant la pauvre dame sur le passage piétons. En s’apercevant que des passants s’accumulaient sur le trottoir, et une confusion commençait en faveur de l’handicapée, il crie une grossièreté quelconque, fait accélérer sa moto et disparaît dans l’avenue. Un monsieur qui va au secours de la dame répond en hâte sur le même niveau, ce qu’elle commente, en souriant:

– Voilà, ça c’est Paris.

Petit-ami m’observe devant la fenêtre et me demande ce qu’il se passe. Je lui explique, révoltée encore par la scène que je viens d’accompagner.

– Voilà, ça c’est Paris – il me répond.

Une honteuse et collective certitude, il me semble.

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